Perdre le vert

by Phil Gatien

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Trois maquettes enregistrées au fil du temps, avec les moyens du bord, c'est-à-dire des mauvais micros et une 8-track qui poppe.

credits

released November 14, 2014

Phil Gatien : Enregistrement, prise de son, mixage, arrangements, composition
Image d'album : Valérie Gatien (www.behance.net/vgatien)

Album complet sur Youtube : www.youtube.com/watch?v=iEc8L0dsP9o&feature=youtu.be

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Phil Gatien Montreal, Québec

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Track Name: Perdre le vert
Tes yeux ne me cherchent plus
Leur vert à jamais m'est perdu
Les vallons et les collines
Et les peupliers sous la bruine
La feuille de menthe dans ton verre
Et la douce teinte des soirs de mai
Tu as fermé les paupières
Et soudain tout s'est dissipé

Tes paroles auparavant
Coulaient de toi comme un torrent
Abreuvant cascades et rivières
Et même le fleuve jusqu'à la mer
Et moi la forêt que longtemps
Tu nourrissais de tes ruisseaux
Je fane et sèche tranquillement
Depuis qu'un barrage retient tes mots

Ton corps au départ si chaud
Brûlait de désir et ta peau
Un tapis de charbons ardents
Marquait ma peau, chauffait mon sang
Et comme le papillon de nuit
Qui vole fou droit vers la flamme
Je me suis jeté dans ton lit
Et fus consumé jusqu'à l'âme

Je te rejoins au cimetière
L'hiver est tombé sur notre ère
Les peupliers sont décharnés
Et les ruisseaux gisent gelés
La chandelle que tu tiens
Est morte, tu n'as plus de feu
Je te donnerais bien le mien
Contre le vert de tes yeux
Track Name: La mascarade
Tout portait à croire que ça allait marcher
Entre toi et l'avocat du diable
Mais maintenant que vos beaux habits sont tombés
Tu sais que sa présence t'accable
Vous fuyiez tous les deux un monde trop fade
Et vous vous êtes fondus dans votre propre mascarade

Vous avez fait l'amour dans les champs
À l'abri des bacs à sable
De la moissonneuse-batteuse du temps
Vous étiez dignes des plus belles fables
Maintenant vous vous cachez derrière des masques, dans une étrange parade
Jouant à l'amour comme si c'était une mascarade

Vous avez incarné les voyageurs de l'été
Trouvé refuge dans les plus belles étables
Vous vous êtes repu des fruits de votre liberté
Ainsi que de simples seaux d'eau d'érable
Mais les années ont eu raison de vos coeurs de nomades
La routine, les quatre murs, et cette prison de mascarade

Vous avez franchi les portes de tous les paradis
La déesse des verts pâturages et la sérotonine mangeable
Vous ont emmené vers de merveilleux pays
Où absolument aucun plaisir n'est coupable
Mais vos portes sont devenues vos palissades
Et vous n'êtes plus dupes de cette intoxicante mascarade

Mais que reste-t-il des vapeurs de votre ébullition?
De vos cent noms, de vos ombres devenues insoutenables?
Ce n'est pas la rancoeur et l'amertume, non
Ce n'est que la tristesse de ne pas avoir été capables
De sauver cet amour qui se pendait à la balustrade
Maintenant, rideau, et que tombe la mascarade
Track Name: Les épinettes
On s'en allait un soir de semaine
On s'en allait un peu en retard
Y avait moi pis Louis pis Simon
Ben calés dans l'char
On s'en allait vers le grand Nord
Là ou le vent fait valser les épinettes noires, comme ça

Le long de la route, les épinettes noires nous faisaient de l'oeil

La neige tombait à gros flocons
Le vent virevoltait partout autour de l'auto
J'avais mis les wipers mais ça servait pas à grand-chose
Y'avait Louis dans le fond du char qui tétait son flasque de vodka
Mais le salaud il nous en donnait pas

Le long de la route, les épinettes noires nous faisaient de l'oeil

On laissait derrière nous toute cette fumée de la grande ville
On laissait derrière nous le métro, nos jobs pis tous nos troubles
On s'en allait vers le grand Nord, au chalet de mes grand-parents
On allait fêter le jour de l'an

Le long de la route, les épinettes noires nous faisaient de l'oeil,
mais on continuait à avancer

Là-bas y avait Vincent qui nous attendait déjà
Avec une couple de quilles de Trois-Pistoles pis un gros
26 onces de Ricard
Du vermouth et puis du vin, avec un feu dans l'âtre
On s'en pouvait pu d'arriver

Le long de la route, les épinettes noires nous regardaient avec un drôle d'air

Mais un grand vent s'est levé contre nous
Louis dans le fond du char a fini son flasque de vodka
Il l'a lancé dans l'auto
J'ai perdu le contrôle du véhicule, on a fait des tonneaux
C'était merveilleux, oh de nous voir tomber dans le fossé notre tombeau

Les épinettes noires nous regardaient valser dans le grand vent du Nord qui nous acceuillait